Brussels europe 2007
 
Le projet culturel du Musée de l'Europe Version imprimable Suggérer par mail

Le projet culturel est le résultat d’un travail de longue haleine qui a innové sur quatre points :


1. Interdisciplinarité et européanité


Les études de programmation du contenu ont été menées selon ces deux principes :

• l’interdisciplinarité : à chaque stade des études les historiens dialoguent avec les scénaristes, les scénographes et la direction technique ;

• l’européanité : non seulement l’équipe du musée fut d’emblée européenne, mais les travaux furent soumis au regard critique du Conseil International d’orientation et du Comité international des Directeurs de Musée.

Ce cadre de travail a imposé à plusieurs reprises de revoir radicalement les copies. Une première présentation du contenu du  Musée a été faite au Conseil d’orientation en octobre 2003, et une deuxième, au Conseil  international des directeurs de musée, en  janvier 2004.  Ces échanges entre historiens et directeurs  de musée, experts muséographes, ont permis d’affiner les choix quant au contenu des parcours et à la programmation  culturelle. En décembre 2004, le concept général du  Musée a été approuvé le Comité  d’accompagnement.

Musée d’histoire, le Musée de l’Europe est aussi un musée d’identité – comme le sont de nombreux autres musées au niveau local, régional ou national – pour contribuer à l’émergence d’un esprit civique européen.


2. Une histoire européenne de l’Europe


L’histoire abordée dans le scénario scientifique n’est pas l’addition des histoires nationales. Elle est conçue comme celle de l’émergence, de la maturation et de la désagrégation d’un niveau d’intégration supraétatique ou supra national. Elle veut montrer que le processus d’unification s’appuie sur des sédiments apportés par un mouvement commencé dans un passé lointain. L’unification actuelle n’est pas la première, l’Europe a déjà vécu deux autres périodes d’unification, chaque fois brisées par une rupture. L’histoire de l’unification de l’Europe peut dès lors se résumer en une séquence simple : trois périodes d’unité – Unité par la foi (Xè-XVè siècle), Unité par les Lumières (XVIIIè-XIXè siècle), Unité par le projet (depuis 1945) – interrompues par deux périodes de rupture : les Guerres de religion (XVIè-XVIIè siècle), les Guerres des idéologies (1913-1989). Cette manière de concevoir l’histoire de l’Europe conduit à intégrer les « héritages » (celtes, grecs, et romains) et les « voisinages » (de Byzance notamment), strates culturelles qui ont contribué à donner à la civilisation européenne sa physionomie particulière.

(Pour un développement complet de l’approche historique du Musée de l’Europe, voir Krzysztof Pomian, « Pour un musée de l’Europe.
Visite commentée d’une exposition en projet. », in Le Débat, n°129, Mars-avril 2004, pp.89-100. Cet article a été modifié et complété lors de la présentation du projet au Conseil d’orientation le 4 décembre 2004.)


3. Le projet muséographique


L’ambition du Musée est d’être un lien culturel entre l’Europe et le citoyen, et d’accueillir au musée tous ceux qui veulent comprendre le passé et l’avenir de l’intégration européenne. Ayant posé le constat des rapports distanciés des citoyens à l’histoire (qui les concerne peu) et à l’Europe (qu’ils connaissent mal), la programmation du musée a été faite pour essayer de les réconcilier avec leur histoire et avec l’Europe, sans leur imposer une visite indigeste à travers mille ans d’histoire d’un seul tenant.

Le projet du Musée prévoit donc une partie permanente et une partie variable, le tout complété par des expositions temporaires et un espace dédié aux enfants. Le parcours permanent est divisé en deux parties autoportantes : « C’est notre histoire ! », qui constitue une installation d’éveil à l’histoire de l’Union européenne (l’Unité par le projet); et la « Chambre des cartes », véritable spectacle cartographique dont l’objectif est de fixer les repères spatio-temporels de l’unification européenne.
La partie variable du parcours s’intitule “Le feuilleton de l’Europe”.  Il sera composé de sept expositions temporaires qui mettront en scène les chapitres de l’histoire de l’Europe développée par le projet scientifique.
D’autres expositions temporaires thématiques sont envisagées, pour faire écho à l’actualité ou développer un sujet rapidement esquissé dans les parcours du musée.

La place de l’objet dans ces parcours a été également définie. Dans un musée d’histoire, quelle que soit sa nature, l’objet doit servir un propos fait d’idées, de concepts, de structures mentales. Dès qu’on l’installe en vitrine, il peut s’avérer hors contexte. Il faut donc « recontextualiser » l’objet, en le liant à d’autres, et en l’encadrant de dispositifs d’interprétation pour rendre compte du double regard qui se pose sur l’objet – celui de l’utilisateur et celui du visiteur –, et pour « rendre bavards les objets ». L’absence de collections du musée de l’Europe peut être perçue comme une difficulté. Et elle l’est, de fait. Mais c’est aussi une vraie opportunité de modifier le regard porté sur des collections existantes pour en présenter des éléments dans une perspective européenne, et non plus seulement nationale, régionale ou locale. Car la présence d’objets authentiques est essentielle pour rapprocher le citoyen de l’histoire.


4. Les études de faisabilité


Le projet culturel s’accompagne de plusieurs études conduites pour analyser la faisabilité économique, financière et juridique du Musée de l’Europe, et pour traduire dans une programmation fonctionnelle générale les besoins que celui-ci nécessite.

Ces études, menées en collaboration avec des experts externes (bureaux d’études, architectes, consultants, etc.), ont pporté sur :

• la faisabilité économique et financière ;
• l’étude marketing ;
• la programmation architecturale fonctionnelle.